
Pour séduire les agriculteurs, les promoteurs immobiliers, étranglés financièrement, proposent de financer une partie des logements grâce à leurs récoltes.
Largement critiquée par l’ONU, la stratégie zéro Covid instaurée en Chine met à mal l’économie du pays. Le secteur de l’immobilier, qui pèse habituellement lourd dans le PIB, est en crise. L'immobilier et la construction pèsent plus du quart de la croissance du géant asiatique et servent de locomotive à tout un pan de l’économie.
Ainsi, les promoteurs immobiliers doivent innover pour limiter la casse et écouler leurs invendus. Comme révélé par le journal Le Monde et Courrier International, les agriculteurs sont ainsi autorisés à financer une partie de leur bien avec le fruit de leur travail. Dans la province du Henan, dans le centre du pays, un promoteur a reçu 430 tonnes d’ail pour permettre à trente agriculteurs de payer une fraction de leur appartement.
"Ce type de promotions suggère que certaines zones sont vraiment en difficulté"
Face aux succès de l’opération, d’autres professionnels ont suivi le mouvement dans tout le pays. En plus de l’ail, certains acceptent aussi les pastèques, les pêches, le blé, etc. Pour chaque opération, les prix d’achat des productions agricoles sont supérieurs à ceux du marché pour inciter les producteurs à participer à ce troc post-Covid. Si l’idée peut prêter à sourire, elle révèle surtout un grand malaise dans un secteur où les faillites sont nombreuses.
"Ce type de promotions suggère que certaines zones sont vraiment en difficulté. Les plus petites villes ont toujours des gros problèmes de surplus : leur croissance est beaucoup plus faible que celle des métropoles. Or, ces petits marchés mis ensemble représentent bien plus de la moitié du marché total !", décrypte Rosealea Yao, spécialiste de l’immobilier chez Gavekal Dragonomics, un cabinet d’analyse à Pékin pour Le Monde.
Comme un symbole de ce marasme, le groupe Shimao, acteur majeur du secteur en Chine, se retrouve dans l'incapacité de rembourser un emprunt d’un montant de 1,02 milliard de dollars (981 millions d’euros).
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